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Il appelait chaque dimanche, puis de moins en moins

Les situations qui me viennent du Rethélois se ressemblent dans leur début. Un fils parti étudier à Reims, puis installé à Paris pour son travail. Une fille qui a suivi son compagnon dans le Sud, ou à l’étranger. Les premières années, les appels sont réguliers, on rentre pour Noël, on s’assoit à la table familiale devant le boudin blanc. Puis les appels s’espacent, les visites sont reportées, et un jour on s’aperçoit que le dernier vrai échange date de plusieurs mois.

Une mère de Sault-lès-Rethel m’a décrit ce moment exactement : elle avait préparé la chambre pour les fêtes, et c’est par sa sœur qu’elle a appris que son fils ne viendrait pas. Un père de Novy-Chevrières, lui, ne savait même plus dans quelle ville vivait sa fille. Ni l’un ni l’autre ne m’appelait pour un miracle. Ils voulaient comprendre ce qui s’était passé, et savoir s’il restait quelque chose à faire.

Ce que ce silence peut recouvrir

Avant de parler de travail, je cherche avec vous d’où vient l’éloignement. Il n’y a pas une seule histoire derrière un enfant qui ne donne plus de nouvelles. Celles que je rencontre le plus souvent sont les suivantes :

  • une dispute jamais refermée, parfois ancienne, que le parent a oubliée et que l’enfant porte encore ;
  • un nouveau conjoint ou une nouvelle vie qui prend toute la place, sans forcément de mauvaise intention ;
  • la honte d’un échec, d’une dette ou d’une séparation, qu’on préfère cacher plutôt que d’avoir à l’expliquer ;
  • une vie que l’enfant croit inacceptable aux yeux de ses parents, et qu’il protège en se taisant ;
  • la fatigue, le travail, la distance, qui usent le lien sans qu’aucune décision ait été prise ;
  • plus rarement, une jalousie ou une parole rapportée, mise entre vous à dessein par quelqu’un de l’entourage.

Le plus souvent, il n’y a rien d’occulte. C’est une histoire de famille, avec ses non-dits. Je préfère le dire tout de suite plutôt que de vous laisser croire qu’un rituel réglera ce qu’une conversation doit régler.

Comment je travaille quand un parent m’appelle

Le premier échange est sans engagement. Je vous écoute d’abord : depuis quand le silence dure, comment s’est passé le dernier échange, ce qui a été dit, ce que vous regrettez peut-être. Ensuite, les étapes sont toujours les mêmes.

  1. Je fais une lecture aux cauris sur votre prénom et votre date de naissance, puis sur le prénom de votre enfant, pour voir l’état du lien entre vous.
  2. Je vous dis franchement ce que je vois : un lien simplement distendu, un lien encombré de colère, ou quelque chose de plus lourd posé dessus. S’il n’y a pas lieu de travailler, je vous le dis et je ne commence pas.
  3. Si un travail se justifie, je vous annonce son prix une seule fois, avant de commencer, et il ne change plus. Il n’y a rien à acheter à côté.
  4. Le travail passe par des prières et des bougies consacrées pour apaiser le lien, et souvent par un bain de plantes pour vous, le parent, parce que l’attente laisse un poids qu’il faut aussi enlever.
  5. Pendant le travail, je vous appelle chaque matin pour faire le point. Vous pouvez arrêter à tout moment.

Ce que je ne fais pas

On me demande parfois de « faire revenir » un enfant, de le rendre obéissant, ou de le détacher d’un conjoint que la famille n’aime pas. Je refuse. Votre fils ou votre fille est un adulte. Il a le droit de choisir sa ville, son métier, la personne avec qui il vit, et même la distance qu’il met avec sa famille. Je respecte son libre arbitre comme je respecte le vôtre.

Je ne travaille jamais à ramener quelqu’un de force : je travaille à ce que la porte reste ouverte, des deux côtés.

Concrètement, je ne cherche pas d’adresse, je ne fais rien pour qu’il se sépare de son conjoint, et je ne vous dis pas quand il rappellera, parce que personne ne peut le savoir. Si vous craignez pour sa sécurité, si son silence est soudain et vous inquiète vraiment, c’est la gendarmerie ou la police qu’il faut prévenir en premier, pas moi.

Ce que vous pouvez faire de votre côté

Le travail spirituel ne remplace pas les gestes du quotidien. Avec les parents qui m’appellent, je reviens souvent sur les mêmes conseils.

Écrivez une seule fois, simplement, sans reproche ni question sur les raisons de son silence. Une lettre ou un message qui dit que vous pensez à lui, que vous n’attendez rien en retour et que la maison reste la sienne. Puis laissez ce message faire son chemin. Multiplier les appels, passer par tous les cousins, se présenter à l’improviste chez lui : tout cela ressemble à une pression, et la pression éloigne.

Si un frère ou une sœur garde le contact, ne lui demandez pas de porter vos messages : il ou elle risque d’y perdre sa propre relation. Et si une vraie dispute est à l’origine de l’éloignement, demandez-vous honnêtement ce qui a été dit. Reconnaître un tort, même ancien, ouvre parfois plus de portes que tous les rituels. Un médiateur familial peut aussi vous aider à trouver ces mots.

Enfin, continuez à vivre. Je connais des parents d’Acy-Romance ou de Biermes qui ont arrêté de sortir, de voir leurs amis, de partir quelques jours, de peur de rater un appel. Ce n’est pas une fidélité, c’est une prison.

Quand l’inquiétude prend toute la place

Le silence d’un enfant pèse sur le corps. On dort mal, on se réveille en pensant à lui, on regarde son téléphone dix fois par jour. Certains parents me disent qu’ils ont l’impression d’avoir perdu quelqu’un alors que personne n’est mort. C’est une forme de deuil, et elle mérite d’être prise au sérieux.

Dans ces cas-là, une partie du travail vous concerne directement : un bain de plantes, des fumigations de la maison si l’ambiance y est devenue lourde, des prières pour retrouver le calme. Il ne s’agit pas d’oublier votre enfant, mais de tenir debout pendant l’attente, quelle qu’en soit la durée.

Ce que les parents observent, et ce qu’ils n’observent pas

Je ne vous annoncerai pas de date. Ce que les parents me décrivent parfois, pendant ou après un travail, ce sont de petites choses : un message pour un anniversaire, une photo envoyée sans commentaire, une nouvelle confiée à un frère ou à une sœur pour qu’elle vous parvienne. D’autres ne voient rien bouger du côté de l’enfant, mais disent qu’ils respirent mieux et qu’ils ont cessé de guetter le téléphone. Les deux comptent. Le jour où un enfant reprend contact, il est plus facile pour lui de parler à un parent apaisé qu’à un parent qui l’attend avec des reproches.

Appeler depuis Rethel ou le Rethélois

Que vous habitiez au bord de l’Aisne, à Sault-lès-Rethel, à Barby ou dans un village des alentours, la consultation se fait par téléphone ou sur WhatsApp, au 07 58 41 65 93, 24h/24 et 7j/7. Le premier échange sert à comprendre votre situation et ne vous engage à rien. Tout reste confidentiel, y compris vis-à-vis de votre enfant et du reste de la famille. Sur le site, la page consacrée au couple, à la famille et à l’héritage décrit les autres situations familiales que j’accompagne.

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