Une porte de chambre qui reste fermée
Les appels que je reçois de La Flèche et des communes autour commencent souvent de la même façon. Un fils de quinze ans qui rentre du lycée, monte directement et ferme sa porte. Une fille de treize ans qui ne veut plus aller au judo et passe ses soirées sur son téléphone. Des parents qui se regardent le soir dans la cuisine et se demandent ce qu’ils ont raté.
Dans une ville de la taille de La Flèche, on se croise vite : au marché, à la sortie du collège, sur les bords du Loir. Beaucoup de parents n’osent pas en parler autour d’eux. Certains finissent par se demander si quelqu’un n’a pas jeté le mauvais œil sur leur enfant, ou si une jalousie pèse sur la famille. C’est souvent avec cette question qu’ils m’appellent.
Ce qui relève de l’adolescence, et ce qui doit alerter
Je commence toujours par remettre les choses à leur place. Un adolescent qui se retire dans sa chambre, parle moins à ses parents et davantage à ses amis, n’est pas envoûté : il grandit. Ce retrait est souvent plus dur à vivre pour les parents que pour lui.
D’autres signes, en revanche, demandent de ne pas attendre :
- un sommeil durablement déréglé, des nuits blanches ou des journées entières au lit ;
- un appétit qui change brutalement ;
- des absences, des notes qui s’effondrent, un refus d’aller en cours ;
- plus aucun ami, et personne pour les remplacer ;
- des paroles sombres, comme « à quoi bon » ou « vous seriez mieux sans moi », des marques sur les bras.
Ce que je fais quand vous m’appelez
Le premier échange est sans engagement. Je vous écoute d’abord, puis je vous pose des questions concrètes :
- Depuis quand le changement est visible, et s’il a suivi un moment précis : une rentrée, un déménagement, une séparation, un deuil.
- Ce qui se passe dans la maison en ce moment, entre vous deux comme avec le reste de la famille.
- Ce que vous avez déjà tenté, et comment il a réagi.
- Si un professionnel de santé a déjà été consulté.
Vient ensuite la lecture aux cauris. Elle porte sur vous, votre prénom et votre date de naissance, et sur le lien qui vous unit à votre enfant. Je ne tire pas les cauris sur un adolescent qui n’en sait rien. La lecture me montre si quelque chose de lourd pèse sur le foyer, ou si vous traversez le passage ordinaire d’un âge à un autre, rendu plus pénible par la fatigue.
Je vous dis franchement ce que je vois. Souvent, rien ne justifie un travail : je vous le dis, je ne commence pas, et nous parlons plutôt de la manière de garder le contact avec lui.
Quand un travail est utile, il porte sur les adultes et sur la maison, jamais sur l’enfant à son insu : bains de plantes pour apaiser votre inquiétude, prières pour la paix du foyer, bougies consacrées, parfois une fumigation des pièces communes, jamais de sa chambre sans qu’il le sache. Je vous appelle chaque matin pour faire le point. Le prix est annoncé une seule fois avant de commencer et ne change plus, rien n’est à acheter à côté, et vous pouvez arrêter quand vous le souhaitez.
Deux situations reçues du Pays fléchois
Une mère de Clermont-Créans et un fils en seconde
Elle m’a appelé un dimanche soir. Son fils, entré en seconde en septembre, ne parlait plus que par monosyllabes. Elle était persuadée qu’un camarade lui voulait du mal. La lecture n’a rien montré de tel, mais une maison tendue : son mari et elle se disputaient depuis des mois au sujet d’un prêt, à voix basse, croyaient-ils, et leur fils entendait tout à travers la cloison.
Le travail a porté sur le couple : bains d’apaisement pour chacun, prières sur leurs deux prénoms, et une règle simple, ne plus parler d’argent après le dîner. Quelques semaines plus tard, elle m’a raconté que son fils était resté à table pour parler d’un match. Rien de spectaculaire : une maison où l’on respirait de nouveau.
Un père seul et une fille qui ne mangeait presque plus
Un père qui élève seul sa fille de quatorze ans m’a décrit une enfant qui ne mangeait presque plus et avait laissé tomber le handball. Il voulait une protection, tout de suite. Il n’en avait parlé à aucun médecin. Je n’ai rien commencé ce soir-là : je lui ai demandé de prendre rendez-vous dès le lendemain et de prévenir l’infirmière du collège.
Il m’a rappelé une semaine plus tard. Sa fille était suivie par un médecin et une psychologue. Ce qu’il me demandait désormais, c’était de l’aide pour lui-même : il se sentait coupable de tout. Nous avons travaillé sur lui et sur la maison. Sa fille, elle, était entre les mains de ceux dont c’est le métier.
Je ne travaille jamais sur un enfant dans son dos. Je travaille sur la maison où il grandit et sur les adultes qui l’aiment.
Ce que je refuse de faire
Certaines demandes reviennent souvent, et ma réponse ne change pas :
- aucun travail sur un mineur à son insu, ni pour le rendre docile, ni pour l’éloigner d’un ami que vous n’aimez pas ;
- aucun objet glissé en secret dans sa chambre, son sac ou ses vêtements ;
- aucun avis sur un diagnostic ou un traitement ;
- aucune annonce de délai : un adolescent avance à son rythme, pas au mien.
Si votre enfant souhaite lui-même me parler, cela se fait avec lui, ouvertement, et avec votre accord. Je respecte son libre arbitre comme celui de chacun.
Ce que vous pouvez faire, de votre côté
Le travail n’a de sens que si la porte reste entrouverte à la maison :
- Gardez des moments sans interrogatoire. En voiture, vers le lycée ou l’entraînement, un adolescent parle plus facilement, parce qu’on ne le regarde pas en face.
- Ne fouillez pas son téléphone en cachette ; si vous êtes inquiet, dites-le-lui.
- Parlez d’une même voix avec l’autre parent, même séparés.
- Notez ce que vous observez, avec les dates, pour le médecin comme pour moi.
- Prenez soin de vous : un parent épuisé voit tout en noir, et l’enfant le sent.
Ce que vous me confiez reste entre nous. Personne au Pays fléchois n’a à savoir que vous m’avez appelé.
Appeler depuis La Flèche
Si votre adolescent se renferme et que l’inquiétude prend toute la place, appelez-moi depuis La Flèche ou ses environs au 07 58 41 65 93, par téléphone ou sur WhatsApp, à toute heure. La page « Couple, famille & héritage » de ce site décrit ma manière de travailler sur les tensions d’un foyer. Le premier échange est sans engagement : nous regardons ensemble ce qui relève de moi, et ce qui relève d’abord d’un médecin.
