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Un numéro que l’on se passe de voisin à voisin

À Alès, et plus encore dans les vallées cévenoles, rares sont ceux qui n’ont jamais entendu parler d’un coupeur de feu. Une grand-mère qui « avait le secret », un voisin de mas que l’on appelait quand un enfant s’était brûlé, une femme du village qui pansait le zona ou les verrues : ces noms circulent dans les familles. La ville a longtemps vécu de la mine, les vallées de la châtaigne et de la soie, et l’on s’y transmet les choses entre soi, les recettes comme les secrets.

Je respecte profondément ces traditions. Elles appartiennent à ce pays, elles ont rendu service à des générations, et je n’ai aucune raison de les juger. Mais comme on s’adresse aussi à moi pour des maux que la médecine n’explique pas toujours, on m’appelle parfois d’Alès en pensant que je fais le même travail. Ce n’est pas le cas.

Ce que font les panseurs et les coupeurs de feu

Je parle ici de ce que chacun en sait, pas d’un savoir qui serait le mien. Un coupeur de feu agit sur une brûlure : il dit une prière, souvent en silence, parfois en passant la main au-dessus de la peau, parfois au téléphone, sans voir la personne. Un panseur fait de même pour d’autres maux précis, selon le secret qu’il a reçu : le zona, une entorse, une verrue.

Le geste est court. Il vise un mal défini, à un endroit du corps. Le secret passe d’une personne à une autre, et celui qui le détient le garde pour lui. Beaucoup ne demandent rien en échange, et dans certaines familles on dit même qu’il ne faut pas les remercier. C’est un service rendu, inscrit dans la vie d’un village.

Ce que je fais, moi, et pourquoi ce n’est pas la même chose

Mon savoir vient d’une autre tradition, africaine, transmise dans ma famille. Il ne s’attache pas à un point du corps mais à une situation : une personne qui porte un poids depuis des mois, une période où tout semble se fermer. Je ne commence donc pas par un geste, mais par l’écoute, puis par une lecture aux cauris sur votre prénom et votre date de naissance. Si elle montre qu’un travail a du sens, il se déroule sur plusieurs jours :

  • des bains de plantes que vous prenez chez vous, à l’heure que je vous indique ;
  • des fumigations, pour vous ou pour la maison ;
  • des prières et des bougies consacrées de mon côté, parfois un travail de nuit ;
  • un appel chaque matin pour faire le point sur la nuit et sur ce qui a bougé.

Ce travail dure et demande un suivi quotidien : c’est pourquoi il a un prix, annoncé une seule fois avant de commencer et qui ne change plus. Rien à acheter à côté, et vous pouvez arrêter à tout moment.

Ce qui nous rapproche malgré tout

Les différences sont réelles, mais nous partageons aussi des repères, et les personnes qui ont grandi auprès d’un panseur les reconnaissent vite :

  • un savoir reçu, pas inventé, que l’on porte avec respect ;
  • la prière au centre, plutôt que les objets ou le spectacle ;
  • la discrétion : ce qui se dit reste entre nous ;
  • le refus de faire peur à quelqu’un pour qu’il revienne ;
  • la place du médecin, que ni eux ni moi ne prenons.

Trois appels venus d’Alès et des vallées

La brûlure du soir

Un jeune cuisinier d’Alès m’a appelé un soir après son service. Il s’était brûlé l’avant-bras sur une plaque, un collègue lui avait parlé d’un « marabout qui coupe le feu », et il était tombé sur mon numéro. Je lui ai répondu ce que je réponds toujours : passez la brûlure sous l’eau tempérée tout de suite, faites-la regarder par un médecin ou un pharmacien, et si votre collègue connaît un coupeur de feu, appelez-le, c’est son savoir et non le mien.

La petite-fille qui avait peur de trahir

Une femme m’a appelé d’un hameau au-dessus d’Anduze. Sa grand-mère pansait le zona, et depuis sa disparition elle se sentait vidée, avec des nuits courtes et plus aucun élan. Son médecin la suivait. Elle avait honte de m’appeler, comme si elle trahissait celle qui avait le secret. Je lui ai dit qu’elle ne trahissait personne : le savoir de sa grand-mère soulageait des maux précis, ce qu’elle traversait tenait du deuil. Nous avons commencé par une lecture, puis par des bains du soir, avec mon appel chaque matin.

Faut-il choisir entre les deux ?

Un homme de La Grand-Combe, dont le père descendait à la mine, voit depuis des années un panseur pour son dos, en plus de son médecin. Il m’appelait pour une lassitude installée depuis des mois, que ses examens n’expliquaient pas, et me demandait s’il devait cesser de voir son panseur. Bien sûr que non. Ce qu’il fait pour son dos ne me regarde pas. Je lui ai seulement conseillé de dire à chacun ce qu’il faisait ailleurs, son médecin compris.

Ce que je ne fais pas

Je ne coupe pas le feu et je ne panse pas : je n’ai pas reçu ces secrets, et je ne les imiterai pas. Je ne remplace ni les urgences, ni le médecin, ni le pharmacien. Je ne demande jamais à personne de choisir entre son panseur et moi. Je ne dis pas de mal d’une tradition qui n’est pas la mienne, et je me méfie de ceux qui le font. Je ne prétends pas non plus que tout mal vient d’un sort : souvent, la lecture ne montre rien qui justifie un travail, je le dis alors, et je ne commence pas.

Le panseur soulage un mal que l’on peut montrer du doigt ; moi, je regarde ce qui pèse sur une vie entière. Ce sont deux portes différentes, et l’on a le droit de frapper aux deux.

Ce que vous pouvez faire de votre côté

Si vous avez un panseur ou un coupeur de feu de confiance, gardez-le. Si vous m’appelez, dites-moi ce qui a déjà été fait, chez le médecin comme chez lui : cela m’aide à comprendre où vous en êtes. Pour le reste, quelques repères :

  1. Pour tout mal du corps, commencez par le médecin, et poursuivez votre traitement.
  2. Pour une brûlure, l’eau tempérée d’abord, puis l’avis médical, puis votre coupeur de feu si vous le souhaitez.
  3. Pour une lassitude ou une période qui se ferme, notez depuis quand cela dure et à quels moments.
  4. Pendant un travail, notez ce qui change au fil des nuits, même peu de chose : nous en parlerons le matin.

Appeler depuis Alès : 07 58 41 65 93, par téléphone ou WhatsApp

Que vous soyez dans le centre d’Alès, au bord du Gardon ou dans un mas des Cévennes, la consultation est la même : par téléphone ou sur WhatsApp, au 07 58 41 65 93, 24h/24 et 7j/7, et je me déplace lorsque la situation ou le lieu le demande. Le premier échange est sans engagement : je vous dis franchement si mon travail a sa place, et sinon je vous renvoie vers votre médecin ou vers la personne de confiance que vous connaissez. Tout reste confidentiel.

La page « Guérisseur traditionnel » du site décrit en détail les bains, les fumigations et la purification d’un lieu.

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